Le Butot – Paray le Monial

Le Butot – Paray le Monial

11/08/17 – 54km

Il est encore tombé pas mal de pluie cette nuit. C'est décidément récurrent !
Nous mangeons sous la tente, à l'abri du crachin, puis reprenons la route armés de nos belles capes. Nous nous s'arrêtons après 9 km, à Verosvres, car nous y apercevons une épicerie-bar, un de ces petits commerces de proximité qui fait vivre les villages ruraux. Comme nous avons froid, nous y prenons donc une boisson bien chaude et quelques produits du coin à manger plus tard. Nous en profitons même pour acheter un rouleau de papier toilette à l'unité, chose infaisable dans les grandes surfaces !
Nous avions également vu des toilettes à côté sur la place. Il se trouve que le bâtiment abrite aussi des douches ! Pas de chance, elles sont fermées à clé. Mais un employé municipal se trouve justement là à nettoyer la place. Nous lui demandons si les douches sont accessibles et comment.

Je possède la clé, je vais vous ouvrir.

Fut sa réponse. Quelle chance ! Nous avons donc pu apprécier une bonne douche bien chaude en cette matinée humide !

Nous avons donc repris la route requinqués. Cet instant détente nous a fait du bien ! Nous retrouvons un itinéraire vallonné dans les monts bourguignons : c'est très joli, malgré l'humidité. Et comme il fait frais, nous montons sans transpirer mais pas sans effort. Pour nous donner encore plus de courage, nous chantonnons histoire d'affronter plus facilement le dénivelé.

Avertissement au lecteur : le paragraphe qui suit ne s'adresse pas aux végétariens.
Nous arrivons à l'heure du déjeuner à Charolles.

Charolles ? Mais oui, c'est le territoire
d'origine de la charolaise ! Soudain, nous rêvons d'un bon morceau de viande rouge. Ni une, ni deux, nous voici attablés à la table d'un restaurant pour déguster une belle pièce de charolaise. Notre première depuis bien longtemps, ce fut un régal !

S'en suit une visite rapide de la cité :

  • son ancien couvent des Clarisses (la chapelle en bas, les cellules des sœurs en haut)
  • Son château fortifié au 15ème siècle
  • Sa vieille ville
  • son ancien hôpital

Nous nous remettons ensuite en selle, direction de Paray-le-monial. Nous nous laissons encore une fois émerveiller par la campagne bourguignonne qui, bien que peu peuplée, est très jolie.

Nous arrivons à Paray-le-Monial et effectuons une petite visite de la ville. Notre tour commence par la basilique du Sacré-Cœur. La priorale fut édifiée au 12ème siècle par Hugues de Semur, sixième abbé de Cluny. Elle fut élevée au rang de basilique en 1875 pour célébrer les Apparitions du Cœur de Jésus entre 1673 et 1675 à sainte Marguerite-Marie Alacoque.

Paray-le-Monial possède également quelques jolis monuments :

  • l'hôtel de ville qui présente une jolie façade de style Renaissance construite entre 1525 et 1528.
  • La tour saint-Nicolas, ancienne église paroissiale du 16 ème siècle déclassée au profit de la basilique, diminuée, et qui abrite aujourd'hui des expositions.

Mais ce que nous retenons surtout de la ville, c'est le nom de Paul Charnoz. Paul Charnoz était un ingénieur entreprenant du 19ème siècle qui a fondé à Paray-le-Monial la manufacture des carrelages. Il avait développé une ingénieuse technique d'incrustation des couleurs dans l'épaisseur des carreaux en céramique. Il a laissé des œuvres admirables. Certaines sont encore visibles de nos jours au musée Paul Charnoz qui est géré par d'anciens salariés de l'usine devenus bénévoles. La visite est gratuite mais nous avons fait ici une belle découverte grâce à eux.

L'un des bénévoles nous a entre autres raconté comment ils avaient récupérés cette magnifique fresque.

Il s'avère qu'un particulier a acheté cette fresque dans l'idée de pouvoir l'exposer chez lui. Sauf que le malheureux n'a jamais eu le temps de le faire et décida donc d'entreposer les 700 carrelages dans sa cave. À son décès, plusieurs propriétaires se succédèrent en se demandant quoi faire de ces fichus carreaux qui encombraient la cave. Jusqu'au jour où le dernier propriétaire pensa que ces carreaux pourraient intéresser le musée de Paul Charnoz. Quelle ne fut pas la surprise des bénévoles du musée quand ils découvrirent que les fameux carreaux n'étaient autres qu'une belle œuvre de Paul Charnoz. C'est donc avec toute leur patience qu'ils assemblèrent les 700 morceaux de carrelage afin de reconstituer la fresque. Nous les remercions encore pour leur accueil !

Dans ce même musée, nous avons pu également contempler les œuvres de l'artiste Marie Dreux qui mêle l'argile à la dentelle. Il y avait de jolies pièces, si bien que nous nous sommes laissés tentés d'acheter une petite coupelle avec … un motif de vélo en dentelle !

Avant que nous ne quittions le musée, les bénévoles nous demandent d'où nous venons à vélo. Nous leur expliquons que nous sommes partis de Trieste et que nous rentrons à Niort. Ils sont impressionnés ! Nous leur expliquons que pour la question de l'hébergement, nous bivouaquons le plus souvent. L'une des bénévoles se remet alors à penser qu'elle aussi bivouaquait dans les champs quand elle était plus jeune.

Comme la foi est très présente à Paray-le-Monial, un autre bénévole et ancien salarié de la manufacture, nous offre un carrelage avec le pape Jean- Paul II, venu visiter la ville en 1986, en guise de porte-bonheur et sans doute pour nous souhaiter bonne chance dans la fin de notre voyage.

La journée se termine. Et malgré l'humidité de ce matin, le moral est revenu, nous avons déjà repris goût à ce voyage, et n'avons qu'une envie : pédaler de l'avant !


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