Le Magny – Le Menoux

Le Magny – Le Menoux

17/08/17 – 53 km

C'est notre 6eme nuit sans pluie et cela est vraiment très reposant ! Nous nous réveillons donc au rythme du soleil.

La journée s'annonce ensoleillée, nous profitons des premiers rayons du soleil pour prendre notre petit-déjeuner dans ce village encore tout endormi.
Nous reprenons la route en direction de Gargilesse, considéré comme l'un " des plus beaux villages de France depuis 1982. L'itinéraire est une fois de plus très vallonné et nous laisse parfois quelques obstacles incongrus à franchir.

Sur les coups de 10h, nous nous arrêtons au village de Cluis pour une petite pause gourmande. Sans l'avoir su au préalable, nous entrons dans l'une des boulangerie qui a été finaliste à l'émission " la meilleure boulangerie de France". Nous n'avons pas suivi l'émission mais pour ceux qui l'auraient fait, il s'agit donc d'une des boulangeries de Cluis.

Nous y achetons des viennoiseries 100% faites maison nous dit-on.
Nous faisons également un tour dans l'épicerie locale où nous trouvons un petit fromage de chèvre du coin. En repartant, l'épicier nous conseille d'aller voir le viaduc appartenant au village, chose que nous faisons puisque cela ne nous éloigne pas de notre itinéraire initial.

Il est 12h15 quand nous arrivons à Gargilesse.

La vue sur le village est bien prometteuse mais avant de nous trouver un coin pour piquer-niquer, nous filons faire un tour à la savonnerie avant qu'elle ne ferme. Nous tombons sur la savonnière en question, une vieille dame, proche de la retraite. Je lui demande à tout hasard si elle fabrique ses savons par la saponification à froid. Ma question a soulevé un point sensible dans le monde de la savonnerie!

La dame nous explique gentiment qu'elle n'utilise pas cette méthode qu'elle juge trop à la mode et pas si sérieuse que cela parce qu'accessible à n'importe qui. Pour elle, la fabrication à froid des savons est éphémère et passera de mode.
Elle, la vraie savonnière, utilise une machine pour fabriquer ses savons!

Elle nous explique aussi qu'il y aurait une petite " gueguerre " entre les savonniers d'antan qui sont agrées et ceux qui utilisent la méthode à froid et qui ne le sont pas. Ils revendiquent le fait que cette méthode pourrait être à la portée de tout le monde. Nous croyons surtout que c'est une histoire de concurrence qui se joue ici. En repartant, nous avons voulu savoir avec quelles huiles végétales étaient faits les savons. Bizarrement, nous n'avons pas obtenu de réponse claire et précise. Étant presque à court, nous avons dû tout de même racheter de quoi nous laver pour la fin du voyage.

Une fois les savons en poche, nous nous asseyons à l'ombre à côté de la maison de Pierre Jamet, qui créa en 1964 l'académie internationale de harpe ainsi qu'un festival qui a lieu dans le village au mois d'Août. Nous admirons également l'entrée du château.

Celui-ci fut édifié au 8eme siècle par les comtés de Gargilesse pour y défendre leur fief. Au fil des siècles et des guerres, le château connut différents propriétaires. Au début du 17ème siècle, il fut assiégé et totalement incendié. Ce n'est qu'en 1750 qu'un nouveau château fut reconstruit sur les ruines de l'ancien par Olympe De Chevigny, épouse de Louis Charles du Breuil du Bost. Jusqu'en 1986, les différents propriétaires du château ont tous fait partie de la lignée des du Breuil du Bost.

De 1960 à 1986, le château à été laissé à l'abandon. Suite à une importante restauration, depuis 1998, il sert désormais de lieu d'accueil pour de l'art contemporain.

Tout en finissant notre repas, nous discutons avec une dame effectuant de la randonnée à pied. Elle nous questionne sur l'itinéraire de notre voyage et est impressionnée par ce que l'on a fait. Au passage, elle nous demande si nous sommes étudiants au vu de nos longues vacances. Nous lui répond que nous travaillons et que nous ne sommes pas si jeunes que cela. Elle est étonnée quand nous lui apprenons notre âge, à croire que le vélo ça conserve bien !

Nous continuons notre tour de la ville en montant à l'église paroissiale Notre-Dame, connue pour sa crypte et ses magnifiques fresques.

L'église date du milieu du 12eme siècle. C'est Hugues de Naillac, alors propriétaire du château de Gargilesse, qui fit construire une chapelle romane attenante au château pour son épouse.

Les fresques de la crypte, quant à elles, datent du 13 au 16eme siècle. Elles représentent des scènes des saintes écritures.

Nous reprenons notre route en direction de Chavin afin d'y récupérer une toute nouvelle voie verte bâtie sur une ancienne ligne de chemin de fer. Le départ de Gargilesse fut rude, nous quittons le village par une sacrée montée, vivement la voie verte pour retrouver de nouveau un itinéraire plus plat et balisé !

Nous nous arrêtons au village du Menoux. Cet arrêt n'était pas prévu mais en lisant le panneau explicatif qui se trouvait sur notre chemin, notre regard s'arrête sur l'une des photos de l'église du village. Ni une ni deux, nous n'hésitons pas à y faire un saut.

Cette église tient son originalité pour les fresques que le peintre Carrasco a réalisées de 1968 à 1976. À défaut d'être austère, cette église a retrouvé du peps grâce à ces fresques. Moi qui commençait à me lasser des visites d'églises, celle-ci a attisé ma curiosité !

L'homme a une idée cosmique de Dieu, il veut évoquer sa force créatrice et faire revivre l'idée que Dieu n'est autre que la vie. Ce n'est pas une idée mythique de Dieu mais la vie dans son infini bouillonnement dont l'homme ne constitue qu'un des innombrables éléments.

La première travée de voûtes représente l'apocalypse. On y trouve des formes éclatées et des couleurs de cataclysme.

Plus l'on avance vers la porte de l'église, plus les couleurs sont gaies et claires représentant l'harmonie, la mort paisible, le silence et le lent retour aux sources à travers les formes rondes et polies comme le temps.

Dans la chapelle à gauche, le peintre a voulu symboliser le paradis, entre autres avec un homme et une femme dans un halo. Ils symbolisent l'amour, la joie, la création, la rencontre de soi, de l'autre et l'apaisement.

Nous allons par la suite visiter l'atelier du dit peintre. C'est sa femme ( nous pensons) qui nous accueille. Elle nous invite à entrer dans l'atelier et nous autorise à toucher les sculptures de pierres. Il faut savoir que Carrasco, en plus d'être peintre, était sculpteur à ses heures. Nous avons donc pris plaisir à comparer le polissage des différentes pierres utilisées pour les sculptures.

Il est 17h quand nous sortons de l'atelier, Vincent est fatigué et ne souhaite plus trop rouler. Après avoir faire le plein habituel d'eau, nous nous posons donc dans une parcelle d'herbe non loin de la voie verte. Comme le ciel se couvre rapidement, ce soir nous ne profiterons pas d'un beau coucher de soleil.


4 réactions au sujet de « Le Magny – Le Menoux »

  1. Encore des belles rencontres apparemment, vous en aurez des choses à raconter à votre entourage et félicitation à vous pour les belles photos.
    Le 13 d’Audes continue de vous suivre… mais du Cantal maintenant.

  2. On dirait bien que le voyage tire à sa fin… J espère que le soleil vous accompagnera pour ces derniers jours . Encore bravo. Fière de ce joli ptit couple que vous formez!!

  3. C’est le Retour en Terre Connue !! vous marchez dans nos pas on dirait : Cluis et son joli viaduc,(nous c’était sous la bruine), Gargilesse sous un beau soleil (en plein tournage de film pour nous), l’église du Menoux et ses superbes fresques ,surprenantes en pleine campagne…On vous souhaite du soleil pour la fin du périple…..

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